PTP Rapport Rose

PTP RAPPORT ROSE

Disparités En Matière De Santé Pour Les Personnes 2ELGBTQIA+ Au Canada

Le rapport rose sur la santé offre un aperçu national sans précédent des expériences des personnes 2ELGBTQIA+ en matière de santé et de soins au Canada. Il représente l’une des études les plus détaillées à ce jour. Les données présentées démontrent comment le système de santé canadien actuel n’arrive pas à répondre aux besoins des communautés 2ELGBTQIA+, en particulier dans les milieux ruraux et les contextes racialisés. Les personnes interrogées décrivent des expériences marquantes d’exclusion, de stigmatisation et de méfiance, autant d’éléments qui nuisent aux soins et contribuent à générer un cycle de besoins de santé non satisfaits. Ce rapport propose donc des données destinées à fournir aux décideur(euse)s politiques, aux éducateur(trice)s et aux prestataires de soins une orientation claire pour commencer à combler ces manques. Garantir des soins équitables et d’affirmation aux personnes 2ELGBTQIA+ n’est pas seulement une question de justice en matière de santé, il s’agit d’un impératif fondé sur des preuves.

Principaux Constats:

  • 40 % des personnes 2ELGBTQIA+ déclarent avoir déjà été diagnostiquées comme souffrant d’une maladie mentale, un taux deux fois plus élevé que celui des participant(e)s non 2ELGBTQIA+ (20 %).
  • La gravité de la dépression est la plus élevée chez les personnes pansexuelles (47 %) et asexuelles (45 %), un taux plus de deux fois supérieur à celui des répondant(e)s non 2ELGBTQIA+ (22 %).
  • La gravité de l’anxiété est la plus élevée chez les répondant(e)s pansexuel(le)s (50 %), soit plus du double par rapport aux personnes non 2ELGBTQIA+ (24 %). Les personnes queers (45 %), asexuelles (47 %) et bispirituelles (45 %) qui ont répondu signalent également des taux d’anxiété disproportionnellement élevés.
  • La prévalence du cancer est alarmante chez les personnes asexuelles (15 %) et gays (11 %), un taux deux fois plus élevé que celui des participant(e)s non 2ELGBTQIA+ (5 %).

Dans les domaines physique, psychologique, environnemental et social, les personnes 2ELGBTQIA+ rapportent systématiquement des niveaux de qualité de vie (QdV) inférieurs à ceux de leurs homologues non 2ELGBTQIA+. Ces disparités ne sont pas observées de manière isolée. Notre analyse intersectionnelle révèle que les déterminants sociaux de la santé, tels que le revenu, l’éducation et la région géographique façonnent et amplifient les résultats négatifs.

Les services que les personnes 2ELGBTQIA+ considèrent comme les plus importants (p. ex., soins de santé mentale et traitements d’affirmation de genre) sont considérés comme les moins accessibles et les moins satisfaisants.

La satisfaction envers les services de santé mentale est inférieure à 30 % parmi les répondant(e)s 2ELGBTQIA+ en général et encore plus faible parmi les personnes asexuelles (12%), queers (11 %), au genre fluide (3 %) et bispirituelles (3 %).

Jusqu’à 77 % des personnes bispirituelles interrogées déclarent avoir vécu des expériences de discrimination dans des établissements de santé. Nombre d’entre elles décrivent avoir dû cacher leur identité, expliquer certains aspects fondamentaux de leur existence aux prestataires de santé ou mentir sur leur genre ou leur orientation sexuelle pour éviter d’être rejetées, mégenrées, privées de soins ou traitées avec hostilité.

Les expériences de discrimination sont plus fréquentes chez les personnes interrogées racialisées et vivant en milieu rural, ce qui souligne les effets cumulatifs de la marginalisation intersectionnelle et l’inégalité des soins selon les régions géographiques.

La qualité inégale des services de santé (surtout dans les zones rurales et isolées) dissuade de nombreuses personnes de solliciter des soins lorsqu’elles en ont besoin.

56 % des personnes 2ELGBTQIA+ se tournent vers des plateformes en ligne pour obtenir des informations médicales, contre 40 % de leurs homologues cisgenres et hétérosexuels. Ces taux plus élevés sont dus à des facteurs connexes tels que le manque d’accès aux soins et une méfiance généralisée envers le système.

Recommandations pour des changements concrets

Les établissements universitaires, les éducateur(trice)s et les décideur(euse)s politiques devraient collaborer activement avec les communautés 2ELGBTQIA+ pour s’assurer que les audits et les réformes des programmes de santé abordent les enjeux qui importent aux personnes 2ELGBTQIA+ vivant au Canada. Des soins plus équitables sont atteignables à travers des soins tenant compte des traumatismes, des pratiques antioppressives à tous les niveaux d’éducation et de perfectionnement professionnel, et l’intégration d’une formation inclusive qui se fonde sur des données probantes et s’axe sur la diversité des genres.

Un meilleur accès à des soins de santé mentale financés par l’État qui tiennent compte des différences culturelles, y compris des services d’affirmation du genre, pour tous les Canadiens et toutes les Canadiennes. Par ailleurs, une formation obligatoire sur les compétences relatives aux personnes 2ELGBTQIA+ et les approches tenant compte des traumatismes garantira que les personnes 2ELGBTQIA+ bénéficient de ces services de manière égale.

Des pratiques respectueuses et normalisées de collecte de données sur le sexe et l’identité de genre devraient être mises en oeuvre au niveau fédéral afin de favoriser la détection précoce des disparités et de façonner des soins et des politiques équitables.

Les décideur(euse)s politiques, les prestataires de santé et les groupes communautaires devraient créer ensemble des programmes de dépistage du cancer et de prévention des maladies chroniques adaptés aux populations 2ELGBTQIA+, en s’attaquant aux obstacles spécifiques tels que la discrimination et les personnes qui évitent de se soigner.

Les chercheurs et les partenaires universitaires devraient mener une étude dans l’ensemble du Canada afin de cartographier les services, de cerner les manques et de mettre en valeur les atouts régionaux. Ces constats appuieront une planification stratégique et une allocation des ressources plus efficaces pour combler les manques et les écarts existants.

Des efforts aux niveaux fédéral et provincial pour renforcer les soins aux personnes 2ELGBTQIA+ dans les régions mal desservies grâce à des mesures incitatives, des modèles de soins virtuels et des cliniques communautaires contribueront à éviter que la qualité des soins dépende de l’emplacement géographique. Les décideur(euse)s politiques devraient consulter les prestataires de services et les communautés concernées afin d’améliorer l’accès de manière significative.

Privilégier l’expérience vécue et le leadership des personnes 2ELGBTQIA+ aide les institutions, les chercheurs et chercheuses ainsi que les responsables médicaux à représenter de manière authentique les véritables perspectives au Canada. L’embauche de personnes occupant des postes tels que pair aidant ou responsable de l’équité pourrait réduire le fardeau des patients devant défendre leurs propres intérêts et favoriser leur confiance par rapport aux systèmes de santé.

PTP Rapport Rose 2024

La représentation 2ELGBTQIA+ dans les industries canadiennes écran

Vous trouverez ci-dessous quelques-unes des conclusions les plus remarquables du PTP Rapport Rose:

  • 93% des professionnels de l’industrie croient que la représentation à l’écran des personnes 2ELGBTQIA+ au Canada est extrêmement importante pour eux.
  • 90% des professionnels du secteur des médias s’entendent que la représentation à l’écran favorise la compréhension et l’acceptation des personnes 2ELGBTQIA+ dans la société en général.
  • 82% des personnes interrogées estiment que la représentation des identités 2ELGBTQIA+ est inégale. Les personnages bispirituels, trans et ayant une diversité de genre sont considérés comme étant davantage sous-représentés que les autres identités 2ELGBTQIA+, en particulier par rapport aux hommes gais.
  • Les identités 2ELGBTQIA+ restent considérablement sous-représentées dans le paysage médiatique canadien. On manque particulièrement d’histoires 2ELGBTQIA+ nuancées, significatives et authentiques.